Lettre aux amis et bienfaiteurs - Octobre 2019

Une lumière dans la nuit très profonde

 

Chers amis et bienfaiteurs,

Plus les ténèbres s'épaississent dans l'Église, plus la sagesse de Mgr Lefebvre brille, et plus nous devons être reconnaissants pour tout ce qu'il a fait.

Le Synode pour l'Amazonie est sur le point de commencer, ce qui plongera la crise à un niveau encore jamais vu. Mentionnons seulement deux points à l'ordre du jour du Synode : la Révélation et le sacerdoce. 

Saint Pie X, dans son encyclique Pascendi, écrit que, pour un moderniste, la Révélation est la même chose que la conscience : « Ils rendent la conscience et la Révélation synonymes », ce qui n’est rien d’autre en fait qu'un simple sentiment religieux naturel. Ainsi, le sentiment religieux devient la parole de Dieu, et doit être respecté. Pour donner un exemple concret, a écrit récemment notre supérieur général, selon l’Instrumentum laboris, l’Église doit être à même d’assumer et faire siennes des éléments tels que les traditions locales sur le culte des esprits et les médecines traditionnelles amazoniennes, qui font appel à de soi-disant « exorcismes ». Ces traditions indigènes étant enracinées dans un sol qui a une histoire, il en découle que ce « territoire est un lieu théologique, il est une source particulière de la révélation de Dieu ». C’est pourquoi il faut reconnaître la richesse de ces cultures autochtones.

L'évangélisation ne signifie plus enseigner l'Évangile, elle signifie maintenant recevoir l’instruction des gens que nous rencontrons, voir Dieu dans leur manière de vivre, dans leurs traditions locales, aussi païennes soient-elles. Nous sommes peut-être choqués d'apprendre cela au sujet du prochain Synode, mais il n'y a rien de nouveau sous le soleil ! Cela a déjà été dit par les évêques du Brésil en... 1975 et 1976 !  « Les Indiens vivent déjà les béatitudes... Les communautés indiennes sont une prophétie de cette nouvelle façon de vivre, où le plus important est l'homme. »  « Les communautés indigènes doivent être reçues comme évangélisatrices, afin qu'elles deviennent le modèle de notre société qui a beaucoup à apprendre d'elles. » « L'Indien a une mission à accomplir : faire en sorte que les civilisés retrouvent la civilisation. » (Congrès Si Si No No 1998, Courrier de Rome, p. 457).

Le Synode s’en prend aussi au célibat sacerdotal - encore une fois, rien de nouveau sous le soleil - en recommandant l'ordination d’hommes mariés dans les régions où il y a une grande pénurie de prêtres. Mais l'Amazonie n'est pas la seule région à manquer de prêtres : la Chine, l'Afrique, et même notre Canada le sont aussi, où certains prêtres ont 40, voire 50 paroisses à gérer ! 

Mais les évêques ont besoin d'assistants, les âmes ont besoin des sacrements, dira-t-on. Donc, en l'absence de candidats dignes, il semblerait que les indignes pourraient et même devraient être ordonnés. Le sage saint Thomas répond à cette objection fréquente :

« Dieu n’abandonnera jamais son Église au point qu’on ne puisse trouver des ministres qualifiés en nombre suffisant pour pourvoir aux nécessités des fidèles, si l’on appelle les sujets qui en sont dignes et si l’on écarte les indignes. Et dans l’hypothèse où l’on n’en pourrait trouver un nombre égal à celui de maintenant, mieux vaudrait un petit nombre de bons ministres qu’un plus grand nombre de ministres mauvais. » (Suppl., q. 36, a. 4)

Dans toute l'histoire des missions - y compris la nôtre ici au Canada, depuis les premiers jésuites jusqu'aux Oblats de Marie Immaculée dans l’Ouest et dans le Grand Nord - le célibat a toujours impressionné les autochtones. « Pourquoi n'avez-vous pas une femme comme le pasteur protestant ? » disaient-ils aux missionnaires.

Il y a l'histoire de ce garçon africain qui s'est converti en espionnant un prêtre pour voir s'il vivait vraiment le célibat qu'il prêchait. Non seulement le garçon s'est converti à la vraie religion, mais il est lui-même devenu prêtre, et plus tard évêque, voyant bien que seul le vrai Dieu pouvait donner ce don de la chasteté aux hommes. 

Et encore, l'histoire des chrétiens cachés de Nagasaki. L'une des trois questions qui furent transmises de génération en génération pendant plus de 220 ans et qui devaient permettre d'identifier un vrai prêtre catholique était justement : « Êtes-vous marié ? » Le célibat, l’appartenance à l’Église de Rome et la dévotion à la Sainte Vierge Marie étaient - et sont encore - les marques d'un vrai prêtre.

Cette nouvelle attaque contre la vertu sacerdotale qui, comme un bélier, ébranle le fondement même de l'Église qui est le corps mystique de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Grand Prêtre, le Fils de la Vierge, va augmenter l'obscurité dans laquelle est plongée l'Église, comme au Vendredi Saint : « Il y avait des ténèbres sur toute la terre. » (Matth., XXVII, 45) Pourtant, « La lumière brille dans les ténèbres » (Jean., I, 5), et un homme qui a rendu témoignage à cette lumière sacerdotale n'est autre que Mgr Lefebvre. Il a compris, dès les années 1960, qu'en touchant au sacerdoce et à la sainte messe, comme cela a été fait au Concile et après le Concile, et comme Luther lui-même l'avait fait, la survie même de l'Église était en jeu. D'où la nécessité de pourvoir une structure pour la formation de bons prêtres et pour leur vie sacerdotale dans l'apostolat par la suite. Voilà l'essence de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Monseigneur a écrit dans nos Statuts : « Un grand amour de Dieu, de la Sainte Trinité, enflammera le cœur des membres de la Société. Cette charité doit être telle qu'elle engendre naturellement la virginité et la pauvreté, qu'elle suscite constamment le don de soi par la foi et l'obéissance prompte, généreuse et aimante. » Une crise de chasteté découle donc d’un manque de charité.

C'est un écho de l'exhortation de saint Pie X au clergé : « Qu’en vous donc resplendisse d’un éclat inaltérable la chasteté, le plus bel ornement de notre ordre sacerdotal ; par la beauté de cette vertu, de même que le prêtre devient semblable aux anges, ainsi il apparaît plus digne de la vénération du peuple chrétien, et produit en plus grande abondance des fruits de salut. » Ce sont de telles paroles que nous voudrions encore entendre du Saint-Père.

Continuons à prier pour les prêtres, pour tous les prêtres ! Et faisons pénitence pour ce malheureux Synode.

Que Notre Dame du Saint Rosaire, qui a écrasé toutes les hérésies dans l'histoire, triomphe de nouveau en ce mois qui lui est dédié.

Daniel Couture
Supérieur de district


Nouvelles du district

Dans un an, la Fraternité Saint-Pie X se réunira à Lourdes, à la sainte Grotte, pour remercier l'Immaculée Conception de sa puissante protection sur notre institut depuis sa naissance, il y aura alors 50 ans. De nombreux pèlerinages s'apprêtent à amener le plus de fidèles possibles à cet événement qui aura lieu la fin de semaine du Christ Roi, du 25 au 27 octobre 2020. Il y aura certainement quelques groupes qui viendront du Canada.  Restez à l'écoute pour plus de détails, écrivez au secrétaire du district ([email protected]) si vous êtes intéressés à vous rendre à Lourdes.