Lettre aux amis et bienfaiteurs - Juin 2019

Merci, mon Dieu, pour nos prêtres !

Chers Amis et Bienfaiteurs,

« Comment l'or s'est-il terni, l’or pur s'est-il altéré, les pierres sacrées ont-elles été dispersées au coin de toutes les rues ? » (Lam., IV, 1) Comme le prophète se lamentait devant le Temple profané et dépouillé, il est courant d’entendre de semblables jérémiades devant cet or pur altéré, ces pierres sacrées dispersées d’aujourd’hui, c’est-à-dire devant l’état du sacerdoce catholique. Le Temple détruit fut reconstruit plus beau qu’avant. Le sacerdoce bafoué, terni, altéré reviendra, sera restauré, car il a les promesses du Sauveur : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matth., XXVIII, 20),et c’est un des sept sacrements qui ne peut périr.

Ce mois de juin, mois du Sacré-Cœur, dans l’Église, depuis des siècles, est aussi le mois du sacerdoce avec des ordinations sacerdotales autour de la fête des saints Pierre et Paul. Remercions le Ciel que chaque année nous donne de nouveaux prêtres ! Chaque nouveau prêtre est vraiment un miracle, un don du Ciel. Merci, mon Dieu, pour nos prêtres ! 

Saint Pie X avait une seule statue sur son bureau de travail, celle du Curé d’Ars qu’il avait béatifié. Lui-même le prenait pour modèle et voulait que tous ses prêtres l’imitent aussi. C’est saint Pie X qui déclara l’abbé Vianney, encore simple bienheureux, patron de tous les curés de l’univers. « Oh ! Que le prêtre est quelque chose de grand », enseignait le saint Curé.« Le prêtre ne se comprendra que dans le ciel. Si on le comprenait sur terre, on mourrait, non de frayeur, mais d'amour. Les autres bienfaits de Dieu ne nous serviraient de rien sans le prêtre. À quoi servirait une maison remplie d'or, si vous n'aviez personne pour vous en ouvrir la porte ? Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre Seigneur ne serviraient de rien. Le prêtre n'est pas prêtre pour lui. Il n'est pas pour lui, il est pour vous. La belle mission du prêtre, c'est d'être l'âme et le soutien de la religion. Après Dieu, le prêtre, c'est tout. Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, hélas, que deviendra-t-elle ? Voyez les pays où il n'y a pas de prêtres, on y adore les bêtes, les plantes ! »

Dans sa première encyclique qui annonçait son programme de restaurer toutes choses dans le Christ, individuelles, familiales, économiques, politiques, vraiment toutes choses, ce grand pape était convaincu que cette restauration se ferait par l’Église et par les prêtres : « Que vos premiers soins », écrit-il aux évêques, « soient de former le Christ dans ceux qui, par le devoir de leur vocation, sont destinés à le former dans les autres. Nous voulons parler des prêtres, Vénérables Frères. » Le Pape considère que chaque prêtre a la même mission que saint Paul, celle d’enfanter le Christ dans les âmes. Ce souci doit être le tout premier des évêques, leur dit-il. « II n'est affaire qui ne doive céder le pas à celle-ci. Et la conséquence, c'est que le meilleur et le principal de votre zèle doit se porter sur vos Séminaires, pour y introduire un tel ordre et leur assurer un tel gouvernement qu'on y voie fleurir, côte à côte, l'intégrité de l'enseignement et la sainteté des mœurs. »

Tout est à refaire aujourd’hui pour rechristianiser nos sociétés : cela ne se fera pas par un miracle, ni par une série de miracles ; cela se fera par le prêtre, ou bien cela ne se fera pas du tout, et alors la société continuera à périr. Car, prêchait justement le cardinal Pie, « le cœur du prêtre sacrificateur est le foyer vers lequel tout converge, où tous les rayons se rassemblent en un faisceau pour se refléter vers Dieu. Et des mains du prêtre sanctificateur partent ensuite toutes les grâces, tous les dons, toutes les influences qui opèrent le salut de la créature ».

Il faut bien comprendre ce lien entre le prêtre et la société. Le prêtre, au milieu de la société, est un principe; et il n'y a rien qui soit plus principe que lui. C'est ce qui fait sa puissance et sa grandeur. Il est un principe par sa prédication, par sa puissance surnaturelle, par son caractère sacerdotal, par les sacrifices auxquels le voue officiellement sa vie, par la consécration qu'il reçoit, par sa prière, par toutes ses fonctions. Sa seule présence au sein de la société est une grande affirmation de principes. Il doit bien comprendre cela pour se comprendre lui-même ; car il ne s'agit pas ici de son mérite, de ses qualités personnelles, il s'agit de la dignité de sa fonction. Car il n'y a rien de plus intime et de plus essentiel à un peuple que ses idées religieuses, et c'est dans ce sanctuaire de l'éducation sacerdotale qu'elles ont leur source première.

C'est là, vraiment et en dernière analyse, qu'est le fond de la question sociale. À la racine même de la question de l'enseignement, il y a celle de l'éducation sacerdotale qui est la source des sources. S'il est démontré que l'enseignement sacerdotal a été faussé ou amoindri chez nous à une époque de notre histoire, comme au temps de la révolution tranquille, on ne peut s'étonner de voir la décadence sociale apparaître aux époques suivantes et des malheurs de toutes sortes se produire graduellement. 

Ce rapport réciproque et nécessaire de l'éducation ecclésiastique et de l'état social est aussi dans la Sainte Écriture. L'Esprit-Saint ne nous a-t-il pas dit que, quand il s'agit d'expliquer les maux du monde et d'en chercher les responsabilités : « Le jugement va commencer par la maison de Dieu » ? (1Pet., IV, 17) Pour les peuples qui, ayant vécu de la vie chrétienne dans l'Église, ont perdu la foi ou la pureté de la foi, on devrait chercher dans un vice originel de l'éducation cléricale les vraies et profondes causes de leur chute.

Monseigneur Lefebvre avait reçu toute cette doctrine à Rome même, et son œuvre sacerdotale se veut précisément une réponse à la source de la crise que l’Église traverse actuellement.

« O prêtres, que votre dignité est vénérable ! Le Fils de Dieu est tous les jours de nouveau incarné dans vos mains, comme il l’a été une fois dans le sein de la Vierge. O céleste et admirable mystère que le Père, le Fils et le Saint-Esprit opèrent par vous ! Celui qui est assis au plus haut des cieux avec son Père est en ce moment entre vos mains dans le sacrement de l’autel. Oh ! que la sainteté de vos mains est digne de vénération, et que votre ministère vous rend heureux ! Omerveille qui fait véritablement toute la joie du monde ! » (Saint Augustin)

Quand le prêtre célèbre, il honore Dieu,
il réjouit les anges,
il édifie l'Eglise,
il procure des secours aux vivants,
du repos aux morts,
et se rend lui-même participant de tous les biens. (Imitation, IV, 5)

Merci, mon Dieu pour nos prêtres ! Ainsi, demain nous aurons encore des messes !

Ordinations sacerdotales prévues pour la Fraternité Saint-Pie X dans les prochaines semaines :

  • Au séminaire Saint Thomas d’Aquin, Dillwyn, États-Unis, le 21 juin, 5 prêtres.
  • Au séminaire Saint Pie X, Écône, Suisse, le 28 juin, 6 prêtres.
  • Au séminaire du Sacré-Cœur, Zaitzkofen, Allemagne, le 29 juin, 2 prêtres.
  • Il y aura d’autres ordinations en Australie et en Argentine au mois de décembre.

Le 1erjuin 2019
Abbé Daniel Couture