Moyen efficace de s'assurer le paradis : l’aumône - par Don Bosco

07 Avril, 2020
Provenance: District du Canada
Saint Jean Bosco

1. Un moyen très efficace, mais aussi très négligé des hommes, pour gagner le paradis, c’est l’aumône. J’entends par aumône toute œuvre de miséricorde exercée envers le prochain par amour de Dieu (1). Dieu dit dans la Sainte Ecriture que l’aumône obtient le pardon des péchés, même très nombreux : « La charité couvre une multitude des péchés » (I Pi IV, 8) Et le divin Sauveur s’exprime ainsi dans l’Evangile: « Ce qui est au-delà de vos besoins (NB. Vulgate : ‘Quod superest’), donnez-le aux pauvres » (Luc XI, 41).  « Que celui qui a deux tuniques en donne une à qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. » (Luc III, 11). Dieu nous assure que tout ce que nous faisons pour les pauvres, il le considère comme fait à lui- même. « Tout ce que vous ferez à l’un de mes frères plus malheureux, c’est à moi que vous l’avez fait » (Math XXV). 

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Voulez-vous encore que Dieu vous pardonne vos péchés et vous délivre de la mort éternelle ? Faites l’aumône. « L’aumône libère de tout péché et de la mort ». Voulez-vous empêcher votre âme d’aller dans les ténèbres de l’enfer ? Faites l’aumône. « L’aumône ne laissera point l'âme descendre dans les ténèbres » (Tob IV, 11). En somme Dieu nous assure que l’aumône est un moyen très efficace pour obtenir le pardon des péchés, nous faire trouver miséricorde devant Dieu et nous conduire à la vie éternelle. «  L'aumône délivre de la mort, et c'est elle qui efface les péchés, et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. » (Tob XII, 9).

2. Si donc tu désires que Dieu use de miséricorde à ton égard, commence par user de miséricorde envers les pauvres. Tu diras : « Je fais ce que je peux ». Mais fais bien attention que le Seigneur te demande de donner aux pauvres tout ton superflu : « Ce qui est au-delà de vos besoins, donnez-le aux pauvres. ». Je précise donc que sont du superflu de ces acquisitions et ces accroissements de richesses que tu fais d’année en année. Su­perflue est cette recherche que tu as dans les services de table, dans les repas, les tapis, les vêtements, qui pourraient servir à qui a faim, à qui a soif, à couvrir qui est nu. Superflu est ce luxe dans les voyages, dans les théâtres, les bals et autres divertissements où l’on peut dire que va aboutir ce qui appartient aux pauvres.

Il est vrai, il en est qui disent que donner son superflu aux pauvres est un simple conseil, non un précepte (2). Ne croyez pas à de telles paroles. La Sauveur a parlé sous forme impérative et non de conseil ; mieux encore, afin que personne ne se fasse illusion et se dispense de prendre ses paroles au sérieux ou invente des prétextes pour refuser de faire de ses richesses l’usage qui convient, il a ajouté qu’il est plus facile de faire passer un chameau par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. Non qu’il soit impossible aux riches de se sauver, mais il a voulu indiquer combien ils sont en danger de se perdre par le mauvais usage de leurs richesses.

Quelqu’un dira : « Je dois maintenir mon rang et mon prestige social, et il ne me reste rien en superflu pour faire l’aumône ». Bien. Conserve le décorum de ta condition, mais n’oublie pas que les pauvres sont tes frères. Ces bijoux précieux que tu gardes inutilement dans ton coffre-fort, ce tas de costumes et habits qui finissent par être rongés des mites, le luxe immodéré dans le mobilier, dans les soirées, dans les bals, dans les théâtres et choses semblables, toutes ces dépenses sont en grande partie superflues, elles semblent incompatibles avec l’existence des pauvres, tes frères, qui souffrent parfois la faim, la soif, le froid. Incompatibles avec la triste fin de beaucoup, qu’avec un peu d’aide tu pourrais sauver de la ruine de l’âme et du corps.

Tu diras peut-être : « Je ne suis pas riche ». Si tu n’as pas de richesses, donne ce que tu peux. D’ailleurs les moyens et manières de faire l’aumône ne te manquent pas. N’y a-t-il pas des malades à visiter, à assister, à veiller ? N’y a-t-il pas de jeunes abandonnés à recueillir, instruire, accueillir en ta maison si tu le peux, ou au moins à conduire là où ils pourront apprendre la science du salut ? N’y a-t-il pas des pécheurs à avertir, des assaillis par le doute à conseiller, des affligés à consoler, des querelles à apaiser, des injures à par­donner ? Tu vois de combien de façons tu peux faire l’aumône et mériter la vie éternelle ! Et encore, ne peux-tu faire quelque prière, aller te confesser, communier, réciter un chapelet, assister à une messe pour le soulagement des âmes du purgatoire, pour la conversion des pécheurs, ou pour que les infidèles soient éclairés et parviennent à la foi ? N’est-ce pas aussi une belle aumône que d’envoyer aux flammes les livres pervers, diffuser les bons livres et parler en toute occasion favorable de notre sainte religion catholique ?


(1) Don Bosco entend donc « l’aumône » au sens large de tout don au prochain par amour de Dieu (c’est là en fait le sens biblique et liturgique du terme), et pas seulement don d’argent ou d’objets matériels. En fait, dans son développement, il insiste d’abord longuement sur les dons matériels. Ensuite, à la fin du deuxième point, il signale diverses autres formes de charité active, suscitées par tant d’autres formes de pauvreté. 

(2) Chose remarquable, ce paragraphe et le suivant étaient absents de la première édition. Don Bosco a donc jugé bon de préciser sa pensée et d’insister auprès des possédants. Il ne cessera jamais de soutenir avec force que «donner son superflu aux pauvres » est « un précepte », une stricte exigence de l’évangile, et qu’il faut se garder de chercher des prétextes pour y échapper. Par le ton employé ici et les exemples concrets apportés, Don Bosco retrouve l’accent des prophètes : « Les pauvres sont tes frères ». Il l’emploiera de nouveau dans les conférences aux Coopérateurs salésiens.

Saint Jean Bosco