Etats-Unis : la hache de guerre contre le secret de la confession n’est pas enterrée

21 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news

Le dépôt d’un projet de loi en Utah (Etats-Unis) visant à supprimer la protection juridique dont jouissent les ministres du culte catholique dans le cadre de la confession sacramentelle, suscite le débat dans la classe politique et parmi les catholiques de l’Etat. 

« Il est compréhensible que l’on veuille dénoncer les mauvais traitements dont seraient victimes des mineurs, cela afin d’y mettre un terme, mais le projet de loi HB 90 n’atteindra pas l’effet escompté », prévient Jean Hill, directrice de la Commission paix et justice du diocèse de Salt Lake City, dans les colonnes de l’Intermountain Catholic du 17 janvier 2020. 

Bien plus, ajoute-t-elle, « si le prêtre n’était plus protégé par la loi, le fait de garder le secret de la confession pourrait constituer pour lui un délit dans certains cas (…). Le projet de loi place donc le ministre catholique dans un dilemme intenable, celui de violer la loi de l'Etat ou de violer le droit canon ».  

Le projet de loi qui pourrait bouleverser les choses a été déposé par Angela Romero. Membre du parti républicain, l’élue de la chambre des représentants d’Utah se défend de toute attaque contre l’Eglise, précisant dans le journal Deseret News, qu’elle « n’a pas l'intention de s’opposer à l’Eglise » et que son projet de loi, « ne cible aucune religion en particulier ». 

Des propos qui révèlent à tout le moins une certaine naïveté, quand on sait que seul le catholicisme protège d’une façon toute particulière le secret de la confession, puisqu’il n’est jamais permis de briser le sceau sacramentel, en raison du droit divin 

Pour l’instant, le président de la Chambre des représentants de l’Utah, Brad Wilson, n’appuie pas le projet de loi : « j’ai de sérieuses inquiétudes quant à cette proposition et à ses conséquences ; je ne le soutiendrai pas, dans sa forme actuelle, du moins », a-t-il écrit à la Ligue catholique pour les droits religieux et civils.  

Un semblable projet de loi avait été déposé il y a quelques mois en Californie et n’avait finalement pas abouti. Eric Kniffin, avocat spécialiste du premier amendement qui définit la liberté de religion aux Etats-Unis et qui avait examiné le projet de loi californien, a déclaré au Salt Lake Tribune que de telles propositions sont de toute façon inconstitutionnelles car elles « portent atteinte aux libertés religieuses ».  

Aux yeux du juriste la protection dont jouissent les membres du clergé catholique constitue au contraire une opportunité dans la lutte contre les abus sur les plus vulnérables : « le confessionnal n'est pas qu’une boîte noire et opaque ; si un prêtre entend quelque chose en confession, il peut exhorter la personne à obtenir de l'aide, à parler à la police ou à proposer d’être entendue en dehors du secret de la confession », a-t-il précisé. 

Dans une note émanant du Saint-Siège en date du 1er juillet 2019, le cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur de l’Eglise, avait rappelé le caractère inviolable du secret sacramentel : « Si la confiance dans le sceau de la confession disparaissait, les fidèles seraient découragés d'accéder au sacrement de pénitence, et cela, évidemment, avec un grave préjudice aux âmes (…). Défendre ce sceau ne saurait constituer une forme de connivence avec le mal, mais représente le seul véritable antidote au mal qui menace l'homme et le monde entier ». 

Ici-bas, hormis le baptême, seul le sacrement de pénitence permet de remettre les péchés graves et de purifier les âmes pour les réconcilier avec Dieu.