Etats-Unis : des barbares ignorants s’en prennent à l’apôtre de la Californie

25 Juin, 2020
Provenance: fsspx.news

Aux Etats-Unis, la contestation vire à la querelle iconoclaste : après les grandes figures américaines de la guerre de sécession, c’est à l’image d’un célèbre missionnaire franciscain espagnol que s’en sont pris une centaine d’émeutiers, le 19 juin 2020, à San Francisco. 

La statue de Junipero Serra dressée dans le Golden Gate Park de San Francisco, portant la croix, a été renversée et foulée aux pieds par les vandales. 

Né en 1713 à Majorque (Espagne), ce missionnaire franciscain quitte son pays en 1749 pour le nouveau monde. Il a 36 ans, et entreprend la traversée périlleuse de l’Atlantique pour se rendre à Mexico où il enseigne la philosophie dans le collège de la ville. Missionnaire dans l’âme, il part à l’âge de 55 ans rejoindre l’actuelle Californie, alors appelée la Nouvelle Espagne. 

L’apôtre et le père de la Californie 

Avec une quinzaine de religieux franciscains, il fonde une dizaine de missions, qui sont à l’origine d’importants centres urbains, comme San Diego. En 1774, à dos de mule, il accompagne une expédition militaire qui établit un poste dans une baie magnifique. Dédié à saint François d’Assise, le lieu deviendra San Francisco. Surnommé l’apôtre et le père de la Californie, Junipero Serra meurt en 1784 à Monterrey, au nord-est du Mexique. 

Les militants activistes qui ont renversé la statue du missionnaire ont profité des manifestations survenues après la mort de Georges Floyd, un afro-américain décédé lors d’un contrôle de police ayant mal tourné. Ils prétendent justifier leur forfait au nom de la lutte contre le « colonialisme européen » dont Junipero Serra serait, à leurs yeux, l’un des symboles. 

Pourtant, la vérité historique est tout autre : le Père Serra fut non seulement un missionnaire zélé au service de l’Eglise, mais l’évangélisateur et le défenseur des peuples indigènes, face aux exactions dont ils pouvaient être victimes. Il intercéda même en leur faveur après l’attaque d’un avant-poste espagnol. 

Au lendemain de cet acte de vandalisme, Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, a exprimé son inquiétude devant des « foules qui font leur propre loi ». Il a demandé « une discussion juste et honnête sur les honneurs à rendre » à la mémoire des grandes figures historiques qui ont fait le pays. Sans les missionnaires catholiques, la civilisation chrétienne et la foi divine n’auraient pu se répandre pour arracher les peuples aux ténèbres de l’ignorance et de la barbarie. 

La Conférence des évêques des Etats-Unis a réagi le 22 juin, en déplorant l’injure portée contre un missionnaire « en avance sur son temps », qui sut défendre les Amérindiens. Elle conclut son communiqué avec ironie en affirmant que les vandales « ont certainement échoué à leur examen d’histoire ».