Lettre aux amis et bienfaiteurs - Septembre 2015

Pas d’humilité sans humiliations!  Voilà un grand mystère de la vie chrétienne, possible seulement avec le secours de Dieu!  "Il n'est pas selon l'homme de porter la Croix, d'aimer la Croix, (…) de souffrir volontiers les outrages, de se mépriser soi-même et de souhaiter d'être méprisé, de supporter les afflictions et les pertes… Si vous vous confiez dans le Seigneur, la force vous sera donnée d'en haut et vous aurez pouvoir sur la chair et le monde. » (Imitation, II, 12)

Le 1er septembre 2015

Sainte-Yvette

Chers amis et bienfaiteurs,


Nous commémorons cette année le quarantième anniversaire du fameux « Curé dans la rue ».  Les 9 et 16 novembre 1975, Mgr Lefebvre célébrait deux grand’messes dans la paroisse Sainte-Yvette de Montréal, pour encourager le curé, l’abbé Yves Normandin, dans son courageux retour à la messe traditionnelle, interdite dans les paroisses depuis le 30 juin auparavant. Les conséquences de ces événements ne se firent pas attendre : dans les semaines qui suivirent, ce fut un procès, le curé fut injustement destitué de ses fonctions et mis à la rue (dans les grands froids de janvier) par l’archevêque de Montréal.

Mais Dieu est Dieu, et il est tout-puissant, il sait tirer le bien du mal. Ce curé diocésain accepta avec humilité cette injustice et rapidement devint missionnaire à travers tout le Canada, littéralement d’une côte à l’autre – a mari usque ad mare (la devise du Canada) – pendant de longues années pour répondre aux demandes de fidèles catholiques perplexes et désemparés devant la crise de l’Église.  Ses multiples petits centres de messe dans toutes les provinces sont à l’origine de presque tous les centres de messe de la Fraternité St-Pie X au Canada.

Il y a un sens providentiel à l’histoire humaine et surtout à l’histoire de l’Église, épouse mystique du Christ.  Ce qui s’est passé avec l’abbé Normandin ressemble fortement à l’histoire de Mgr Lefebvre lui-même, qui, donnant sa démission en 1968 en tant que supérieur général des Pères du Saint-Esprit, se retrouva libre pour fonder la Fraternité St-Pie X et venir au secours des âmes dans le monde entier. Rien de nouveau sous le soleil : « C'est lui, la pierre rejetée par vous les constructeurs, qui est devenue tête d'angle. » (Actes 4,11)

Ce n’est pas facile d’accepter des humiliations, méritées ou même injustes. Mais que de grâces s’ensuivent quand on le fait! L’histoire de la vie des saints est pleine d’exemples qui l’illustrent abondamment.  Et de fait, ce sont les humiliations de Notre-Seigneur lui-même pendant toute sa vie qui nous ont obtenu toutes les grâces du salut. « C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,  afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les enfers. » (Phil., II, 9-10)

Pas d’humilité sans humiliations!  Voilà un grand mystère de la vie chrétienne, possible seulement avec le secours de Dieu!  "Il n'est pas selon l'homme de porter la Croix, d'aimer la Croix, (…) de souffrir volontiers les outrages, de se mépriser soi-même et de souhaiter d'être méprisé, de supporter les afflictions et les pertes… Si vous vous confiez dans le Seigneur, la force vous sera donnée d'en haut et vous aurez pouvoir sur la chair et le monde. » (Imitation, II, 12)

L’abbé Normandin est un de ces vaillants prêtres qui se sont levés après le Concile pour confesser la foi dans Saint Sacrifice de la Messe, face à une crise inouïe dans l’Église.  Ils n’ont pas rougi de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. De plus ils ont entraîné derrière eux de nombreux jeunes qui ont pris la relève, qui ont répondu à l’appel du Maître d’aller travailler à la moisson qui est si abondante.

Notre « curé » est toujours en vie, il a célébré ses 90 ans en février dernier et 61 années de sacerdoce! Comme l’apôtre il peut dire : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi ; il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que me donnera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (2 Tim., IV, 7-8)

Pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, je ne puis que recommander la lecture du livre qui la raconte, Un curé dans la rue, aux éditions Héritage (disponible aussi chez nous).Elle intéressera aussi les jeunes qui sont passionnés d’histoire de guerre, car elle leur fera connaître cette « 3e Guerre Mondiale » (expression de Mgr Lefebvre) qui a lieu depuis les années 1960 avec Vatican II.  L‘abbé Normandin est l’un des tout premiers prêtres au monde, le premier au Canada en tout cas, à avoir publiquement pris position pour la défense de la messe de toujours, et pour avoir été persécuté pour cette noble cause.

Monseigneur Lefebvre lui-même a écrit la préface de ce livre.  « Des expériences comme celles de M. le curé Normandin signifient que ce temps de persécution (contre la Tradition) est déjà arrivé.  Persécution d’autant plus pénible et angoissante qu’elle est commandée par ceux-là même qui n’ont d’autre mission que de défendre la Tradition Catholique. (…) (Son) cas invite à réfléchir sur l’attitude que les prêtres doivent prendre, s’ils en arrivent à être persécutés pour la foi traditionnelle. L’affaire de Sainte-Yvette n’est sans doute pas terminée (il écrit le 25 mars 1976). Ce récit aura donc une suite. Quelles qu’en soient les péripéties futures, si M. le curé Normandin et son équipe sacerdotale persévèrent jusqu’au bout dans la lutte qu’ils ont entreprise pour défendre la conception catholique du saint sacrifice de la messe et du sacerdoce, elles tourneront à la gloire de Dieu et au salut de beaucoup d’âmes. »

Seigneur, donnez-nous des prêtres!

Seigneur, donnez-nous de saints prêtres!

Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres! 

 

Bien vôtre au service de Jésus et de Marie Immaculée

Abbé Daniel Couture

Supérieur