Un contraste frappant

Il y a un contraste frappant entre la récente consécration épiscopale par Mgr Williamson, et celles effectuées par Mgr Lefebvre en 1988.

Le respect du Droit Canon

Mgr Lefebvre avait fondé la Fraternité Saint-Pie X en tant que « société de vie commune sans vœux », dûment approuvée canoniquement par Mgr Charrière le 1er novembre 1970. Il n’y pas de pareille « fraternité » chez Mgr Williamson ; « l’union sacerdotale Marcel-Lefebvre » n’a pas d’autorité réelle – Mgr Williamson lui-même a dit que cette autorité était maintenant impossible – sans aucun statut canonique et pas de règles.

Mgr Lefebvre s’est toujours efforcé de respecter le Droit Canon, et a obtenu l’approbation des autorités compétentes pour son séminaire d’Ecône et d’autres prieurés jusqu'à ce que la suppression illégale de la FSSPX en 1975 l’ait rendue impossible ; et même alors, il a déposé deux appels à Rome – que le Cardinal Villot a enterrés. Puisque ces appels ont « pouvoir suspensif », la FSSPX existe toujours, légalement, en fait, bien que souvent non reconnue. Cela montre clairement que Mgr Lefebvre n’a jamais négligé le Droit Canon, n’a jamais pensé que ‘‘ la foi ’’ le dispense du Droit Canon !

Mais où est ce respect du Droit Canon de la part de Mgr Williamson ? On ne le voit pas.

Une Fraternité prospère

La Fraternité Saint-Pie X avait vécu et grandi depuis 18 ans, montrant sa solidité par ses six séminaires, ses chapelles, écoles et missions fermement établies, organisées en districts comme c’est normal pour une fraternité religieuse catholique. Elle avait, en 1988, plus que 200 prêtres, ainsi que plus que 200 séminaristes, frères, sœurs, Oblates, etc. L’ « association informe » (en anglais ‘loose association’, ndlr) des prêtres chez Mgr Williamson n’a pas encore trois ans d’existence – sans aucun ordre régulier, pratiquement pas de séminaires (celui aux Philippines, dans le sud de Manille, a été fermé parce que leur hôtesse était dégoûtée par le désordre !) : ils ont déjà de grandes divisions entre eux (jusqu’au point que certains ont déjà fait des poursuites civiles contre d’autres) et certains sont déjà ouvertement sédévacantistes, manifestant ainsi qu’il n’y a pas d’unité entre eux : donc, pas de solidité.

On dit que Mgr Faure ‘‘ a l’intention ’’ d’ouvrir un séminaire : comment peut-il prétendre assurer ‘‘l’opération survie’’ d’une chose qui n’existe pas encore ? Quel contraste !    

Un mandat accordé en principe

Mgr Lefebvre avait déjà demandé du Cardinal Ratzinger à la fin des années 1980, la consécration d’un évêque, et toute l’année avant les sacres de 1988, il a fait tous les efforts possibles pour qu’ils se fassent avec le mandat pontifical – jusqu'au point que le Pape a donné le 5 mai 1988 un approbation de principe pour un sacre par Mgr Lefebvre. Ensuite, le 6 mai, il a demandé l’exécution pratique de cette approbation, demandant une date pour la cérémonie : il avait lui-même reporté à plusieurs reprises la date ; Rome a attendu trois semaines pour lui donner une date, et la lettre même proposant une date demandait de nouveaux candidats – ce qui l’a rendu impossible d’être prêt pour cette date : cette malhonnêteté manifeste que Rome n’avait pas l’intention d’observer l’approbation donnée le 5 mai, et par des retards indéfinis la rendrait nulle. Cela a entraîné Mgr Lefebvre à ne plus retarder son « opération survie ».

Mais où sont les efforts de Mgr Williamson pour obtenir toute approbation par le Pape ? Absolument aucun ! Quel contraste !

La reconnaissance de l’autorité du Pape s’est manifestée très clairement et concrètement par le protocole ; seule la malhonnêteté de Rome a rendu vide ce protocole. Mais la reconnaissance de l’autorité du Pape par Mgr Williamson n’est qu’une reconnaissance théorique, niée en pratique par ses nombreuses déclarations, rejetant toute soumission au Pape actuel.

Une cause juste et réelle, ou irréelle

St Augustin dit que ce qui fait un martyr n’est pas sa souffrance et sa mort, mais la cause pour laquelle il meurt (donc il n’y a pas de martyrs musulmans). Mgr Lefebvre a résisté aux abus réels après qu’ils étaient faits, pas avant ! Mais Mgr Williamson et ses partisans ont résisté avant tout compromis fait de la part de la FSSPX – et même trois ans plus tard, on ne voit pas toujours pas de compromis.

Mgr Lefebvre a résisté aux grands scandales évidents, tels que les nouveautés de Vatican II (la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité), la Nouvelle Liturgie, avec sa communion dans la main, et beaucoup d’autres pratiques ‘‘approuvées’’, et enfin le scandale énorme d’Assise en 1986. Mgr Williamson s’oppose à certains mots ambigus dans une déclaration proposée en avril 2012 – qui a été déclarée nulle et complètement rejetée dans quelques mois qui ont suivi: la disproportion de la cause est encore frappante.

Assurer l’avenir

Pour assurer la survie de la FSSPX, Mgr Lefebvre a sacré quatre évêques, entre 35 – 52 ans plus jeunes que lui, en 1988. Mgr Williamson fait semblant d’assurer une survie … en sacrant un évêque qui n’est qu’un an son cadet, qui a dépassé par loin l’âge de la retraite laïque, et qui est très proche de l’âge de la retraite pour les évêques !

Encore une fois, quel contraste ! 

Abbé François Laisney, FSSPX

Singapore

Traduction fsspx.ca