Lettre aux amis et bienfaiteurs - Mars 2017

Fatima et les Deux Étendards

Chers Amis et Bienfaiteurs,

« Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste », voilà ce qu’enseignait le grand St Augustin au début du Ve siècle. En fait ces deux cités s’affrontent depuis la création des anges et s’affronteront jusqu’à la fin des temps. Ce n’est pas surprenant alors que quand Notre-Dame intervient dans l’histoire, elle entre dans la bataille, c’est dans un but de conquête, de gagner des âmes à la cause de son Fils. Pour ce faire, non seulement elle nous indique le chemin à suivre (dire le chapelet, faire des sacrifices, pratiquer la vertu) mais elle n’hésite pas non plus à désigner clairement l’ennemi qui cherche notre perte éternelle.

À Fatima, elle parle de la Russie communiste qui « répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties » (13 juillet). Si elle demande avec instance cette consécration de la Russie (que nous attendons toujours), c’est qu’il y a un plan divin derrière. Il est intéressant de comparer cette consécration avec la consécration à la Sainte Messe. Notre-Seigneur, qui a un désir infini de venir répandre son Sang pour les âmes, de venir en nous par la sainte communion, n’opère ce miracle de la transsubstantiation que si son ministre prononce les paroles consécratoires de la forme du sacrement. « Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! » s’exclamait le St Curé d’Ars! « O prodige! Le prêtre parle, Dieu écoute, le prêtre commande, Dieu lui obéit! »  Pour Fatima, c’est le même principe : il faut que le Pape dise ces quelques paroles et le miracle de la conversion d’un pays aura lieu.

Mais ce n’est pas qu’à Fatima, que nous trouvons ce désir maternel du salut des âmes. C’est chaque fois que Notre-Dame intervient dans l’histoire.

J’ai eu le grand bonheur, ces dernières semaines, de visiter deux grands sanctuaires marials, où l’on trouve cette soifs d’arracher les âmes de la pente qui conduit à la damnation éternelle : Guadalupe et Quito.

Notre-Dame de Guadalupe : en 1531, avec quelques roses hivernales elle imprime son image sur la tilma fragile de Juan-Diego, et ainsi met pratiquement fin à l’empire aztèque et son culte sanglant en convertissant plus de huit millions d’entre eux en une petite dizaine d’année. Cela donne un bel aperçu du pouvoir la Reine du Ciel et de ce qu’elle fera avec la Russie lorsque la fameuse consécration aura lieu.

Puis ce fut Quito, en Équateur, auprès de Notre-Dame de Buen Suceso (du Bon Succès). Une douzaine de prêtres de la FSSPX et environ quatre-vingt pèlerins de la Fraternité, venant surtout des États-Unis, s’y trouvaient pour la neuvaine préparatoire à la fête qui se célèbre le 2 février. C’est Mgr Lefebvre, lors de son sermon des Sacres de
1988, qui a fait connaître cette histoire.

Selon le thème de cette lettre, je voudrais attirer votre attention sur un aspect de cette apparition, approuvée par l’Église en 1611. Lors de la troisième apparition, le 16 janvier 1599, la très sainte Vierge annonce la venue d’un président « vraiment catholique, un homme de caractère à qui Dieu, Notre-Seigneur accordera la palme du martyre sur la place publique tout près du couvent. Il consacrera la République au Sacré-Coeur de mon très Saint Fils, et cette consécration soutiendra la religion catholique dans les années qui suivront, années qui seront des années malheureuses pour l’Église. » C’est émouvant de pouvoir s’agenouiller sur le lieu précis du martyre de Garcia Moreno, mort pour la cause du Christ-Roi.

Si à Fatima, Notre-Dame dénonce le communisme alors qu’il commençait à peine (en 1917), à Quito, elle parle plus d’un siècle à l’avance de la franc-maçonnerie : « Ces années –durant lesquelles la secte impie de la Maçonnerie prendra le contrôle du gouvernement – verront une persécution cruelle de toutes les communautés religieuses » (1599). Quelques années plus tard, le 2 février, 1634, Notre-Dame revient sur le rôle de la secte maçonnique, surtout par rapport à la corruption de la jeunesse aux XIXe et XXe siècles. Lors de nos conversations avec la Mère Abbesse actuelle, celle-ci nous a raconté l’histoire de la conversion d’un éminent franc- maçon par Notre-Dame de Buen Suceso et comment la Sainte Vierge l’a protégé par la suite.

Quand on étudie attentivement toutes ces histoires, on est impressionné de voir notre bonne Mère du Ciel entrer ouvertement en lice dans ce combat des Deux Étendards et de nous y préparer de tant de façons.

S’il plaît à Dieu, nous aimerions retourner à Quito l’an prochain vers la fin janvier mais accompagnés cette fois d’un groupe de pèlerins du Canada. Ceux qui seraient intéressés peuvent déjà nous le faire savoir.

Pour conclure ces quelques considérations sur le zèle apostolique de la très sainte Vierge au cours des derniers siècles en divers pays, je voudrais rappeler que 2017 est aussi le centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (« M.I. »), fondée par St Maximilien Kolbe, à Rome même. Deux évènements en particulier le poussèrent à lancer ce mouvement: tout d’abord l’histoire de la conversion spectaculaire du juif Alphonse Ratisbonne par le simple port de la médaille miraculeuse le 20 janvier 1842 (il y a donc 175 ans cette année), et ensuite la manifestation maçonnique dans les rues de Rome et même devant le Vatican. Pendant ce cortège, les francs-maçons brandissaient des bannières avec Lucifer se tenant sur St Michel, et avec des écriteaux sur lesquels étaient écrits : « Satan règnera au Vatican et le pape sera son serviteur! » St Maximilien outragé de tant d’audace voulu venger l’honneur de l’Immaculée, « plus forte qu’une armée en bataille », « celle qui a vaincu toutes les hérésies dans le monde entier ». C’est ainsi qu’est née la M.I. le 16 octobre 1917.

Il me semble que c’est une œuvre toute simple qui va de pair avec cette année de Fatima (d’ailleurs en lançant la Croisade du Rosaire, Mgr Fellay a aussi parlé du port de la médaille miraculeuse). Le premier degré de la M.I. consiste simplement à se consacrer à la Sainte Vierge, à recevoir et à porter la médaille miraculeuse au cou et de réciter chaque jour si possible l’invocation : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour ceux qui n’ont pas recours à vous, spécialement les francs-maçons ». Nous avons déjà commencé à promouvoir la M.I. au Canada depuis la fin décembre et nous sommes confiants que l’Immaculée portera des fruits en abondance sur notre grand territoire comme elle le fait déjà ailleurs grâce à cette belle œuvre.


Nouvelles du District
 

Vocations : Dominique Beauregard, de Winnipeg, a reçu la soutane au séminaire de Dillwyn, aux États-Unis, le 2 février dernier avec 37 autres séminaristes.
Croisade du Rosaire : prière de donner vos totaux jusqu’à la fin décembre à vos prêtres. Bien vôtre en l’Immaculée,


Abbé Daniel Couture
Supérieur de District