Lettre aux amis et bienfaiteurs - Juin 2017

Gardiens de la Sainte Eucharistie

Chers Amis et Bienfaiteurs,

En entrant dans ce mois de juin, mois du Sacré-Coeur, de la sainte Eucharistie, du sacerdoce - puisque plusieurs ordinations sacerdotales ont lieu habituellement ce mois-ci dans nos séminaires - il est bon de rappeler que le prêtre, par son ordination, est le gardien désigné de la sainte Eucharistie, le sacrement des sacrements, le don des dons. Tous les ordres mineurs et majeurs qu’il reçoit lors de son ascension vers l’autel pendant ses années de formation révèlent les devoirs qu’il aura à la fois envers le Corps Mystique du Christ, la sainte Église, et envers le corps sacramentel de Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie. En ayant aboli et remplacé les quatre ordres mineurs par de simples ministères, l’Église conciliaire a supprimé le rôle du prêtr comme le gardien de l’Autel. De plus, d’être gardien implique la possibilité d’empêcher certaines personnes indignes d’approcher de la sainte Eucharistie.

Le premier ordre mineur, celui de portier, exprime très bien cette vérité. Lorsque l’évêque ordonne le jeune clerc, il dit : « Agissez toujours avec la pensée que vous rendrez compte à Dieu un jour de tout ce qui est enfermé par ces clefs ». Saint Thomas explique que c’est le rôle du portier d’empêcher tout à fait les impurs, c’est-à-dire ceux « qui, refusant de croire, sont totalement infidèles ; et ceux-ci doivent être absolument écartés de l’assistance aux mystères et de l’assemblée des fidèles ». (Suppl., Q. 37, a. 2) La sainte Église a inséré ce devoir dans ses lois en refusant la sainte communion aux pécheurs publics (CIC 1917, c. 855).

En faisant cela, l’Église applique un grand principe de vie spirituelle que l’on trouve dans les Exercices Spirituels de saint Ignace. « À l’égard des personnes qui vont de péché mortel en péché mortel, la conduite ordinaire de l’ennemi est de leur proposer des plaisirs apparents, leur occupant l’imagination de jouissances et de voluptés sensuelles afin de les retenir et de les plonger plus avant dans leurs vices et dans leurs péchés. Le bon esprit, au contraire, agit en elles d’une manière opposée : il excite dans leur conscience le trouble et le remords, en leur faisant sentir les reproches de la raison » (n° 314). Pour de tels pécheurs, le diable donne une fausse paix (par exemple «tout le monde le fait», «ce n’est pas si grave», «nous devons être compréhensifs») pour les laisser dans leurs péchés et augmenter le nombre de leurs péchés. Le bon esprit - ici, il peut s’agir d’une mère, d’un ami, de l’Église - doit donner un bon choc pour essayer de les réveiller. Telle est la raison derrière le refus de la communion à de telles personnes indignes.

C’est ce qu’est fait saint Ambroise de Milan en 390 en refusant l’accès à la cathédrale à l’empereur Théodose pour un massacre de 7 000 personnes perpétré par ses troupes.

C’est ce que Mgr Lépine de Montréal aurait également dû faire avec le Premier Ministre Trudeau, qui est publiquement pour l’avortement, le 17 mai dernier, à l’occasion d’une messe pour le 375ème anniversaire de Montréal, au cours de laquelle ce dernier a reçu la communion (cf. Http://www.catholicregister.org/item/25208-trudeau-joins-religious-leaders-at-mass-celebrating-montreal-s-375th-birthday ). Parce nobis, Domine !

Cela me rappelle deux événements très similaires, cette fois en Irlande. Le premier eut lieu en 1979, après que le gouvernement irlandais ait adopté la loi autorisant la contraception. Le dimanche suivant la promulgation de cette loi, le ministre de la santé assista à la messe dans la pro-cathédrale de Dublin et l’archevêque de Dublin n’eut pas le courage de lui refuser la communion. Le lendemain, cela paraissait en première page dans les journaux irlandais, avec une grande photo de l’événement, comme pour dire : la contraception est enfin acceptée par l’Église !

Le second événement eut lieu dix ans plus tard, en octobre 1989. Monseigneur Lefebvre célébrait la messe dans notre petite chapelle à Belfast et un prêtre infâme, le père Pat Buckley, publiquement en faveur du divorce et des unions homosexuelles, vint à la messe et osa même se présenter à la sainte communion. Ayant été averti, Monseigneur l’a simplement passé. Le lendemain, cela apparaissait aussi en première page : « Lefebvre refuses host to Buckley » (Lefebvre refuse la communion à Buckley). Lorsqu’on expliqua aux journalistes de la BBC présents que la sainte communion doit être refusée aux pécheurs publics, cela fut considéré digne d’être une des meilleures citations de la semaine !

L’un des pires fruits de la réforme liturgique – et encore plus aujourd’hui avec les tristes conséquences d’Amoris Laetitia - est certainement la multiplication incroyable des sacrilèges et des profanations eucharistiques. N’oublions jamais : tout cela exige une réparation sévère envers la justice divine.

Revenons à la Dernière Cène. Après le lavement des pieds et au cours du repas pascal, Notre Seigneur fit l’annonce prophétique : « En vérité, en vérité, je vous dis qu’un de vous me trahira ». (Jn., XIII, 21) Tous les apôtres réagirent fortement à cette annonce, mais Jean qui était assis juste à côté de Notre-Seigneur s’appuya sur son Sacré-Coeur pour le consoler : « Or, un de ses disciples était couché contre le sein de Jésus, celui que Jésus aimait ». (Jn., XXI, 23) La première mention de Jean « couché contre le sein de Jésus » suit immédiatement l’annonce de la trahison. Il faut bien observer cela. La dévotion au Sacré-Coeur est essentiellement une dévotion de réparation eucharistique. Nous entendons la même chose de l’Ange de Fatima : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu ».

Chaque fois que nous entendons parler de nouveaux sacrilèges et profanations eucharistiques, réagissons immédiatement comme saint Jean et consolons immédiatement Notre Seigneur. Enfin gardons dans nos prières ceux qui deviendront prêtres dans les prochaines semaines, afin qu’ils soient de vrais et saints gardiens de la sainte Eucharistie, brûlant d’amour pour le Sacré-Coeur et le Coeur Immaculé de Marie.


Nouvelles du District
 

  • Le 13 mai, une superbe procession qui attira plus de 350 fidèles eut lieu à St. Catharines, en Ontario.
  • La M.I. (Militia Immaculatae) : entre les 19 et 23 mai, l’abbé Karl Stehlin, le directeur mondial de la M.I., a fait une visite rapide de nos centres de Rocky Mountain House, Calgary, Winnipeg et Lévis, en promouvant cette merveilleuse organisation qui va de pair avec l’année de Fatima. Il a reçu 220 nouveaux Chevaliers de l’Immaculée, espérant bientôt atteindre le nombre de 100 000 Chevaliers de l’Immaculée dans le monde entier pour le pèlerinage de Fatima, en août prochain. Il y en a près de 50 000 à l’heure actuelle.

Bien vôtre, dans le Sacré-Coeur de Jésus et le Coeur Immaculé de Marie !

Abbé Daniel Couture
Supérieur de District